Archive pour la catégorie 'Pays-Bas'

Voilà, c’est fini…

Je ne dois pas avoir les mêmes priorités que certains de mes collègues mais, autant l’arrêt de la liste de diffusion Biblio-fr au printemps dernier ne m’a fait ni chaud ni froid, autant je suis peiné de ce qui se passe aujourd’hui.

Biblio-fr était sans doute une affaire de génération, un symbole, un motif de fierté qui ne pouvait être compris que par les plus de 30/35/40? ans. Pour un jeune conservateur, c’était un mélange de tout et n’importe quoi où une chatte ne retrouvait pas ses petits, où les mêmes discussions trollesques revenaient une fois par an et où les informations/débats vraiment pertinents étaient à la fois bien rares et bien cachés. En tout cas en 2006-2007 : j’étais trop jeune avant et je me suis désabonné après.

Mais on annonce en revanche aujourd’hui l’arrêt de la base de données Book History Online (BHO), proposée sur le site de la Koninklijke Bibliotheek et dont s’occupait principalement Marieke van Delft.

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA


BHO était une base de données bibliographique recensant tous les travaux portant sur l’histoire du livre de 1990 à nos jours, grâce au dépouillement systématique de la littérature scientifique (périodiques, actes, etc.). C’est à dire la version en ligne et aisément interrogeable de l’Annual Bibliography of the History of the printed Book and libraries. La recherche était pratique et permettait des recherches fines (par siècle et pays du thème de l’article, année de publication, auteur, mot clef, etc.).

Le nombre de travaux référencés avait baissé depuis 2002 et on sentait une volonté de se concentrer sur la livre néerlandais, notamment en lien avec l’excellent portail de référence, Bibliopolis : cette décision a été officiellement prise et le fait que le travail de dépouillement se poursuive uniquement au plan national se justifie selon Matthijs van Otegem, Head of Expert Services & Collections Division de la KB, par le manque de proportion entre le coût de l’opération et l’utilisation de la base.

Certaines personnes de SHARP (Society for the History of Authorship, Reading & Publishing) émettent le souhait de continuer à nourrir la base mais il y a peu de chances que ce travail soit mené à bien.

Nous allons donc encore une fois vers une externalisation du travail. Même les bibliothèques les plus en pointe à la fois dans le traitement des collections patrimoniales et les technologies de l’information, comme la KB, se détournent de mise en forme et de diffusion de l’information scientifique. Ou plutôt se concentre sur un coeur de cible précis. Entre Bibliopolis, le STCN et plusieurs bases locales, les Néerlandais s’en sortent bien ; ce n’est pas le cas dans bien d’autres pays, à commencer par la France.
Certains s’y retrouveront grâce à des abonnements (hors de prix) à des bases bibliographiques (WOS, Historical Abstracts, Current Content, etc.). D’autres non.