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[brève] La KB signe à son tour avec Google

Après les récentes annonces annonces des bibliothèques nationales italiennes et autrichienne, c’est la Koninklijke Bibliotheek (Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye) qui signe avec Google pour la numérisation d’une partie de son fonds patrimonial.

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

Elle annonce avoir signé un accord pour 160 000 ouvrages du domaine public (XVIIIe et XIXe s.).
À terme, la KB désire donner accès à l’ensemble du patrimoine écrit néerlandais en plein texte. Cela constitue la suite logique de son catalogage scientifique au sein du projet STCN, bibliographie nationale rétrospective des Pays-Bas [sur lequel, j'ai fait mon mémoire de conservateur : consultez la version originale, achetez la version mise à jour (ou pas) :-)]

La KB dispose ainsi de ce qui constitue sans doute les meilleures métadonnées du monde pour les ouvrages du XVIIIe siècle. Reste donc à savoir dans quelle mesure ces dernières pourront être utilisées par Google Books.

Les termes du contrat n’étant pas connus, nous en sommes réduits à attendre, désirant comme d’habitude savoir précisément à quoi s’est engagée la KB… espérant qu’aucune exclusive n’ait été donnée à Google, surtout sur l’indexation. Le communiqué de presse indique que les scans seront disponibles sur les sites de la KB mais seulement dans un second temps sur Europeana : solution certes intéressante car on prouve par là qu’Europeana et Google ne s’opposent pas forcément, mais on aimerait connaître les raisons (et la longueur) de ce délai.

Il faudra donc suivre l’affaire de près et – un jour ou l’autre – comparer les différents contrats signés par Google.
Cela montre en tout cas combien l’arrivée de Bas Savenije a pu influer sur la politique et la gestion de la KB.

Voilà, c’est fini…

Je ne dois pas avoir les mêmes priorités que certains de mes collègues mais, autant l’arrêt de la liste de diffusion Biblio-fr au printemps dernier ne m’a fait ni chaud ni froid, autant je suis peiné de ce qui se passe aujourd’hui.

Biblio-fr était sans doute une affaire de génération, un symbole, un motif de fierté qui ne pouvait être compris que par les plus de 30/35/40? ans. Pour un jeune conservateur, c’était un mélange de tout et n’importe quoi où une chatte ne retrouvait pas ses petits, où les mêmes discussions trollesques revenaient une fois par an et où les informations/débats vraiment pertinents étaient à la fois bien rares et bien cachés. En tout cas en 2006-2007 : j’étais trop jeune avant et je me suis désabonné après.

Mais on annonce en revanche aujourd’hui l’arrêt de la base de données Book History Online (BHO), proposée sur le site de la Koninklijke Bibliotheek et dont s’occupait principalement Marieke van Delft.

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA


BHO était une base de données bibliographique recensant tous les travaux portant sur l’histoire du livre de 1990 à nos jours, grâce au dépouillement systématique de la littérature scientifique (périodiques, actes, etc.). C’est à dire la version en ligne et aisément interrogeable de l’Annual Bibliography of the History of the printed Book and libraries. La recherche était pratique et permettait des recherches fines (par siècle et pays du thème de l’article, année de publication, auteur, mot clef, etc.).

Le nombre de travaux référencés avait baissé depuis 2002 et on sentait une volonté de se concentrer sur la livre néerlandais, notamment en lien avec l’excellent portail de référence, Bibliopolis : cette décision a été officiellement prise et le fait que le travail de dépouillement se poursuive uniquement au plan national se justifie selon Matthijs van Otegem, Head of Expert Services & Collections Division de la KB, par le manque de proportion entre le coût de l’opération et l’utilisation de la base.

Certaines personnes de SHARP (Society for the History of Authorship, Reading & Publishing) émettent le souhait de continuer à nourrir la base mais il y a peu de chances que ce travail soit mené à bien.

Nous allons donc encore une fois vers une externalisation du travail. Même les bibliothèques les plus en pointe à la fois dans le traitement des collections patrimoniales et les technologies de l’information, comme la KB, se détournent de mise en forme et de diffusion de l’information scientifique. Ou plutôt se concentre sur un coeur de cible précis. Entre Bibliopolis, le STCN et plusieurs bases locales, les Néerlandais s’en sortent bien ; ce n’est pas le cas dans bien d’autres pays, à commencer par la France.
Certains s’y retrouveront grâce à des abonnements (hors de prix) à des bases bibliographiques (WOS, Historical Abstracts, Current Content, etc.). D’autres non.


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