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Rendre service, en toute simplicité

J’étais ces deux derniers jours à Anvers où l’on avait eu la faiblesse de m’inviter à donner une conférence sur un sujet passionnant (si, si. En tout cas, moi, ça me passionne) : la page de titre en noir et rouge.

J’ai donc fréquenté les deux institutions possédant des fonds patrimoniaux importants (en plus du musée Plantin-Moretus). D’abord la Erfgoedbibliotheek Hendrick-Conscience, puisque la conférence se tenait dans la superbe Nottebohmzaal.

La Nottebohmzaal

La Nottebohmzaal (Photo : Johannes Vande Voorde. CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons)

Puis les fonds de la bibliothèque de l’université d’Anvers (y compris les fonds de la Ruusbroecgenootschap), où Goran Proot a bien voulu m’ouvrir la salle des preciosa.

Le campus vu depuis la salle de lecture des preciosa

Le campus vu depuis la salle de lecture des preciosa (Photo : R. Mathis. CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons)

Goran Proot, actuellement déchargé pour trois ans de ses activités de conservateur afin de s’adonner à la recherche en histoire du livre, est le responsable du fonds ancien de l’université et l’un des promoteurs du prometteur STCV, la bibliographie "nationale" flamande (je préfère mettre des guillemets à "nationale", ne désirant pas prendre parti dans le terrain miné que sont les affaires politiques belges…).

Comme dans beaucoup d’universités, le patrimoine n’est pas l’essentiel et les moyens sont donc limités. Or, en tant que chercheur, Goran fréquente très fréquemment les bibliothèques comme lecteur et connaît donc les besoins des personnes qui hantent sa salle de lecture. Afin de pallier la difficulté, il a donc mis en place un système extrêmement simple mais utile et précieux : la numérisation à la carte.

Il suffit qu’un lecteur ait besoin de voir un livre présent dans les fonds de l’université pour qu’on photographie chacune de ses pages, en couleur. En bon historien du livre, Goran photographie du plat avant au plat arrière sans rien omettre des pages blanches. Les photographies sont en couleur et de bonne qualité, ce qui permet de zoomer.

Rendons-nous sur la liste des exemplaires ainsi disponibles. Nous choisissons Leven lyden ende doodt ons heeren Jesu Christi : l’excellent travail de catalogage nous donne déjà une collation exacte [(...)4 A-2C8 2D4 (en 76 gegraveerde folio's)], un véritable compte des pages (qui ne consiste pas seulement à regarder le dernier numéro qui apparaît) [[8], 391 [= 417], [7] p.] et la formidable empreinte du STCN/V (sur laquelle je m’étais promis de revenir). Cela donne déjà de très bons éléments afin de relier cet ouvrage à une émission précise : ce serait raffiner que de ne pas s’en contenter. Maintenant, si, forts de ces renseignements, nous voulons avoir accès au texte ou à l’objet-livre, il suffit de se rendre ici pour le lire en ligne, avec la possibilité d’en télécharger le pdf (aussi en .odt ou .zip).

Mais, surtout, comme je l’ai dit, s’il n’avait pas été numérisé, il aurait suffit d’envoyer un mail pour qu’il le soit en moins d’une semaine, sans avoir à fournir de longues et ennuyeuses justifications. La charge de travail est minimale, le coût presque nul, les économies en temps et en argent faites par les lointains lecteurs importantes, le service rendu immense.

Loin des fantasmes sur les dangers de la divulgation des collections, sur les droits d’auteur prétendus ou sur les risques de la désertification de la salle de lecture, la simplicité du service offert à un collègue (ou pas) dont on comprend la démarche et les besoins.


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