La bibliothèque idéale (pour un lecteur)

L’accès aux livres et autres documents

*Je suis assez sceptique sur les lettres de recommandation et autres laissez-passer.

Je me trompe peut-être mais il ne me semble pas que les non-universitaires non-étudiants se pressent pour consulter les fonds anciens. En tout cas pas suffisamment pour mettre en danger la conservation des ouvrages. L’indifférence d’une part, la crainte de n’être pas à sa place dans ce lieu intimidant évitent que les foules des supermarchés se déversent dans les salles d’étude des BM. Si quelqu’un a déjà vu une bande de potes bourrés venir consulter le samedi après-midi, pour se marrer, une édition du XVIe, les doigts pleins de kebab, qu’il me le signale.

En retour, accueillir le lecteur sans questions inquisitrices, dans une relation débarrassée des tensions et de la crainte du jugement me semble particulièrement important. Sans compter la nécessité de justifier le coût de ces fonds qui paraissent souvent élitistes, ce qui ne plaît guère aux élus (la « démocratisation » est toujours un bon argument).

Bref, si l’on prend en compte l’ensemble des données, j’ai l’impression que la bibliothèque a intérêt à jouer sur l’ouverture, même (surtout ?) si cela demeure illusoire (avec éventuellement des conditions d’accès différentes pour la réserve du fonds ancien).

*Un lecteur ne vient pas forcément voir un texte mais parfois un exemplaire. Il est donc inutile (pour ne pas dire plus) de lui interdire des photos sous prétexte qu’on trouve le « même livre » sur Gallica. 1/ On ne saura si c’est la même édition/émission qu’après avoir comparé les deux exemplaires. 2/ Si je viens chez vous, c’est précisément pour voir votre exemplaire.

*Quand un lecteur a traversé toute la France, voire l’Europe – avec ce que cela implique de dérangement et de coût – comprendre qu’il veuille « rentabiliser » sa venue.
Donc, en dehors des questions de sûreté et de conservation, ne pas lui refuser de livres. Interdire plus de 1-3 livres en consultations en même temps, cela se justifie pour les raisons sus-citées. En revanche, limiter le nombre de livres consultables par jour est incompréhensible.

La vie sur place

*Le lecteur est une tête de linotte. Il oublie ses affaires personnelles, de la plus importante à la plus superflue. Plutôt que de le fouetter en lui disant que c’est bien fait pour lui, pourquoi ne pas lui prêter ?
**Des piles (rechargeables) pour son appareil photo
**Un casque, pour écouter de la musique sur son ordinateur et faire abstraction de son environnement
**Une règle en fer plate (étalon pour les photos des livres), si possible avec le logo de la bibliothèque en question (le lecteur saura où il a pris cette photo et vous mettez votre établissement en valeur)
**Et bien sûr des crayons à papier (les archives royales des Pays-Bas les offrent en libre service : là encore, ça coûte très peu, donne une bonne image et diffuse l’image de l’établissement)

*Une bibliothèque est un lieu où on passe (souvent) beaucoup de temps. Des journées entières penchées sur des vieux bouquins. On a donc besoin d’un minimum de confort.
**Des chaises à la bonne hauteur pour tourner les pages du livre posé sur la table
**Si les photos se prennent à une place précise, l’installer près d’une fenêtre et mettre à disposition un bras télescopique où visser l’appareil. Si elles se prennent à la place de consultation et s’il n’y a pas de lampe en permanence, en prêter une que l’on branchera le temps de la prise de vue.

*Une prise de photographie n’abîme pas plus le livre qu’une consultation normale. Des conditions de consultation différenciées dans les deux cas ne me semblent pas nécessaires.

*Un lecteur utilise un ordinateur : il doit pouvoir le brancher facilement. Plusieurs prises ne sont pas un luxe (rechargement de piles, disque dur externe…)

*Je n’ai pas forcément de solution mais il est assez désagréable de recopier 15 fois de suite son nom (voire son adresse) sur des fiches de demande de documents. L’informatisation est bien sûr l’idéal (BSG, BnF…) mais on devrait sans doute pouvoir trouver des solutions plus pratiques pour les fiches sur papier.

D’une manière générale, partir du principe que les procédures ne sont pas descendues du Ciel gravées sur des tablettes divines mais qu’elles se fondent sur des choix et des décisions. Faire donc preuve de bon sens en n’appliquant pas les procédures si elles sont inutiles, dans un cas bien précis. Sauf dans quelques très grandes bibliothèques, la masse des lecteurs n’est pas telle qu’on ne puisse leur rendre un service personnalisé.

Et vous, y a-t-il d’autres choses que vous souhaiteriez ?

PS : Plus que sur mon expérience de conservateur, ces quelques humbles réflexions de bon sens se fondent sur mon expérience de lecteur dans diverses bibliothèques et services d’archives de Paris et de province. Je précise qu’en dehors de quelques cas précis [un magasinier prenant apparemment un malin plaisir à refuser une communication à 12h01 parce qu’elles s’arrêtent à 12h00, etc.], j’ai toujours été très bien reçu. Les quelques avanies que j’ai pu subir venaient généralement d’employés appliquant le règlement avec trop de zèle pour se couvrir, ce qui se règle aisément en discutant directement avec le responsable.

16 Responses to “La bibliothèque idéale (pour un lecteur)”


  1. 1 claire_h 20 novembre 2009 à 08:33

    *Je suis assez sceptique sur les lettres de recommandation et autres laissez-passer.
    ==> Comme je suis en train de revoir les conditions de consultation des documents patrimoniaux dans ma bibliothèque provinciale, je me sens tenue de répondre.
    L’un des principaux points que je souhaite voir adopter, c’est l’identification précise des lecteurs. Il n’y a de ma part (et de celle de mon équipe) aucune volonté de fermeture du fonds : nous cherchons tout simplement à connaître nos utilisateurs. Car trop souvent nous apprenons par hasard et au bout de 4 mois et 70 demandes de communications d’estampes que cette étudiante est en train de rédiger une thèse sur l’un de nos graveurs locaux et que nous disposons par ailleurs d’éléments non répertoriés qui pourraient l’intéresser. Et qu’au passage nous puissions récupérer un exemplaire de ladite thèse. Au quotidien, nous sommes également confrontés à une inflation subite de demandes à la file des lettres autographes d’écrivains / des livres du 17e siècle etc. qui nous étonnent jusqu’à ce qu’au bout de la 8e demande (donc du 24e étudiant car ils viennent en groupe) nous comprenions qu’il s’agit d’un TD donné par un enseignant à la fac qui a tout simplement négligé 1) de voir si effectivement nous avions de quoi contenter tous ses étudiants (ça arrive !) 2) de nous prévenir de ce débarquement « en force »… On essaie d’y remédier en « captant » l’enseignant tôt dans l’année et en lui proposant une visite avec ses étudiants.

    *Un lecteur ne vient pas forcément voir un texte mais parfois un exemplaire.
    ==> Totalement d’accord. Nous comptons bloquer les photos seulement quand nous en disposons déjà.

    *Quand un lecteur a traversé toute la France, voire l’Europe – avec ce que cela implique de dérangement et de coût – comprendre qu’il veuille “rentabiliser” sa venue.
    ==> Souvenir, souvenir du département des Manuscrits à la BnF qui me limitait à 6 microfiches par jour (ben oui, c’était et c’est peut-être toujours 6 documents par jour !) alors que je n’opérais dessus que des vérifications d’une durée n’excédant pas 10 minutes par microfiche. Cela me faisait un début de journée tranquille entre 9 et 10h avant de repartir pour le CARAN où j’étais moins limitée, cela dit…

    La vie sur place
    == Idées très judicieuses. J’avoue que je n’avais pas pensé aux piles.

    *Je n’ai pas forcément de solution mais il est assez désagréable de recopier 15 fois de suite son nom
    ==> Je reviens sur mon premier point : une fois le lecteur bien identifié (coordonnées, sujet de recherche, besoin de faire des photos ou pas, auquel cas il remplit la demande de suite) et sa fiche enregistrée, a priori il n’aura plus besoin de repréciser indûment ses coordonnées. Sinon et d’expérience, quand on doit réclamer des tas et des tas de cotes dans des endroits divers et variés, il reste la solution de se faire graver un timbre humide (une vingtaine d’euros) à ses coordonnées et de tamponner joyeusement toutes ses demandes.

    Et vous, y a-t-il d’autres choses que vous souhaiteriez ?
    ==> Idéalement que tout lecteur qui souhaite consulter un document patrimonial nous prévienne avant par téléphone, mél, fax que sais-je afin que nous ayons le temps de préparer sa venue, éventuellement d’effectuer des recherches complémentaires dans les fonds non ou mal répertoriés (je ne parle même pas d’inventaire !), l’accueillir le jour de son arrivée ou lui avoir préparé les documents afin qu’il n’ait pas à attendre (surtout quand il vient de loin et qu’il demande communication de ce qui est conservé sur le site distant – communication sous 24h :() et pouvoir entreprendre avec lui une relation totalement personnalisée qui débouche en général sur des échanges fructueux pour la connaissance de nos propres fonds et l’enrichissement de nos collections et de nos instruments de recherche. Utopiste, moi ?

    • 2 RM 26 novembre 2009 à 00:11

      *Lettres de recommandation : Je suis ravi que cela se passe comme ça chez vous mais ce n’est pas le cas partout. J’ai vu il y a deux semaines dans une grande BM renvoyer une étudiante parce qu’elle n’avait pas de lettre de son prof.
      Mais si c’est pour engager la conversation, n’est-ce pas contre-productif ? Ne vaut-il pas mieux d’une part en effet tenter de discuter, d’autre part faire une enquête de temps en temps sur les usages et les besoins ?
      C’est uniquement mon point de vue mais, alors même que je suis parmi ceux qui ont le moins à craindre, je vis toujours l’arrivée dans une nouvelle bibliothèque comme un examen.

      *Limitations : Moi, c’est au AN. 5 cartons par jour. Pour les actes notariés où un contrat m’intéresse dans la liasse, il me faut 5 fois deux minutes. Je ressors à 9h15, bloqué dans ma recherche…

      *Relation personnalisée : Ce serait formidable pour le lecteur en effet. Message difficile à faire passer : les lecteurs ont toujours peur de gêner. Préciser clairement que vous ne demandez que ça, sur le site internet, est un début mais risque de ne pas suffire, puis le crier à tous les vents et sur tous les tons.
      Cela dit, indiquer clairement ce qui est dans le catalogue et ce qui n’y est pas est un bon début. Combien de fois, on apprend une fois sur place que seule la moitié du fonds est en ligne et 1/8 dans le CCFr… et qu’on va donc en avoir pour 3 jours et non un !
      Je viendrai certainement vous voir un jour et ne manquerai pas d’annoncer ma venue, en tout cas.

  2. 3 raphaëlle 20 novembre 2009 à 12:48

    à la fois conservateur et chercheuse, je suis souvent effarée des difficultés à voir un ouvrage des fonds anciens. Je voudrais raconter une anecdote : me déplaçant de Lyon à Paris pour consulter 9 livres du fonds patrimonial d’une même BU en une journée, je me vois successivement :

    1 : faire la queue une heure et demi pour entrer dans la BU alors que très peu de gens vont dans le fonds ancien
    2 : interdire finalement l’entrée parce que j’ai une valise
    3 : après avoir donné ma valise à une amie travaillant ailleurs et refait la queue, je peux enfin faire une carte de lecteur me permettant d’entrer dans le fonds ancien où je passe un entretien d’embauche : qui, quoi, où, comment
    4 : malgré cet entretien où j’avais expliqué n’avoir besoin que de vérifier la présence de pièces liminaires dans les ouvrages demandés, ce qui demande la manipulation suivante : ouvrir le livre, voir si oui ou non, fermer le livre et le rendre, soit 4 min max par livres, on ne m’a pas autorisé à voir plus d’un livre à la fois.
    5 : comme toutes les 5 minutes je redonnais le livre pour en demander un suivant, le préposé au fonds ancien me dit : « si c’est pour en faire ça… »
    6 : pour finir, ils ont refusé de me donner le dernier livre avec une mauvaise foi manifeste et sans considération aucune.
    ce fut un vrai calvaire : 8h pour voir 8 livres sur 9, une nécessité de revenir un mois plus tard, et une colère noire.

    du coup, pour moi, le fonds ancien idéal : celui où le bibliothécaire n’a pas l’air de penser que je vais faire n’importe quoi, que je viens ici sans raison, que je ne sais pas bien ce que je cherche, que d’ailleurs je ne sais même pas chercher correctement dans le catalogue manuscrit (la honte !)…Je pense que nous, bibliothécaires, devons faire attention à ne pas nous laisser prendre par notre désir de protéger de superbes ouvrages au détriment de notre désir de partager et faire connaitre. c’est parfois difficile mais la première chose serait avant tout de ne pas porter de jugement sur l’intérêt du visiteur pour le livre ancien.

    • 4 RM 26 novembre 2009 à 00:25

      Comportements qui obligent du coup parfois à faire jouer le « cher confrère », ce qui me répugne mais peut être bien pratique pour se débarrasser de ce mépris du lecteur qui existe parfois.

      Sans vouloir tomber dans le racisme social, ces comportements existent beaucoup plus chez le personnel de salle que chez les responsables des fonds. Une personne qui vient voir des livres anciens à l’heure où l’honnête travailleur est au boulot ne leur semble pas toujours digne du labeur que cela leur inflige, ne parlons pas de leur sollicitude.

      Ajoutons à cela ceux qui veulent trop bien faire. Anecdote récente : dans une BM, les photos se prennent dans le bureau du conservateur (dieu sait pourquoi). Problème, le conservateur est en réunion. Pas de photos. Je parlemente avec l’employé (par ailleurs charmant et désolé pour moi) : je fais remarquer que je n’abîmerai pas plus le livre en en photographiant quelques pages qu’en le consultant ; je lui propose qu’il me surveille lui ; je propose de me rendre dans un autre département de la bibliothèque, où un conservateur pourra me surveiller ; je finis par lui avouer que je suis moi-même conservateur et qu’il est tout de même paradoxal de m’obliger à être sous la garde d’un collègue. Finalement, j’attends plus d’une heure la fin de la réunion du conservateur… sans succès. Et l’employé a fini par me permettre de prendre mes photos, presque sans surveillance. Ca s’est donc bien fini mais j’ai perdu 1h30 dans l’opération et je ne pense pas avoir traumatisé ces pauvres livres – même sans surveillance.

  3. 5 Serein 20 novembre 2009 à 18:12

    Petite expérience de thésarde à la BNF : je devais consulter un livre suffisamment rare pour n’être conservé qu’à la BNF et à Toulouse (et à l’époque j’habitais en région parisienne).

    Le livre (datant de 1891) est conservé au rez de jardin, mais en état « hors d’usage ». Il n’y a pas de microfilm. Je fais une demande de communication exceptionnelle (c’est un livre important pour ma thèse, voire fondamental). On me la refuse sans motif autre que « hors d’usage ». Je demande s’il y a un moyen quelconque de consulter cet ouvrage, y compris dans des conditions de communication draconiennes, on me le refuse.

    Je commence à m’énerver un peu, à expliquer qu’on passe déjà un entretien draconien pour accéder au rez-de-jardin, et que si on refuse aux thésards l’accès à un livre, autant leur refuser l’accès à la bibliothèque ; je demande à ce qu’on examine ensemble le livre pour voir si réellement je ne peux pas le consulter quand même, on me le refuse. Je propose de payer le microfilmage du livre si besoin, on me le refuse.

    Dernière réponse du conservateur : « mademoiselle, on n’est pas là pour communiquer les livres à n’importe qui, mais pour les conserver » (super !)

    Deux ans plus tard je déménage à Toulouse. Je me rends à la bibliothèque municipale, fonds ancien, où se trouve le livre. Il est hors d’usage. Par acquis de conscience je demande à le consulter en expliquant que c’est réellement important. Le conservateur sort le livre, il n’est pas trop abîmé (juste la reliure qui part en vrac). Il m’installe sur une table près de la banque de prêt et pendant une semaine j’ai pu sans souci lire ce gros pavé de 3 tomes et en retirer toute la substantifique moêlle janséniste…

    J’ai gardé une petite dent contre la BNF depuis😉

    • 6 RM 26 novembre 2009 à 00:30

      Alors là, en dehors de quelques livres vraiment très abîmés qu’on n’obtiendra jamais, l’expérience montre qu’à la BnF, il est beaucoup plus rapide de redemander l’exemplaire chaque jour jusqu’à ce qu’on tombe sur un magasinier peu scrupuleux qui finira par nous le donner que de faire appel à une communication exceptionnelle [et parfois même on ne nous demande alors même pas de nous mettre en place hémicycle…]

      Et tu es réconciliée avec la BnF depuis. Depuis au moins deux-trois jours🙂

      • 7 MH 21 janvier 2010 à 00:52

        Pour avoir été responsable de la conservation d’un département du site de Tolbiac, je me sens un peu visé par les récriminations sur les consultations exceptionnelles. Les refus définitifs étaient très rares, quelques % des demandes tout au plus. Nous étions franchement très souples.
        il y avait cependant deux grands cas
        – les monographies : dans ce cas-là, soit on autorisait la consultation, soit on envoyait au microfilmage. J’ai néanmoins eu quelques cas délicats : le livre ancien très endommagé, mais à la reliure très serrée. Dans ce cas là, le microfilmage ne servait à rien car il y aurait eu trop de pertes d’info dans les marges. Comme la reliure tenait encore un peu, nous ne pouvions nous résoudre à la dégrader plus. Quand l’ouvrage valait vraiment le coup (avec tout ce que cela comporte de subjectivité, mais j’essayais de faire au mieux, parmi les dizaines de milliers de volumes qui eux-aussi étaient éligibles à la restauration), je le faisais restaurer. Mais du coup, le livre était immobilisé pendant six mois, ce qui ne rendait pas vraiment service au lecteur.
        – les périodiques. C’est là que commençaient les problèmes en raison du papier brûlé. Autant microfilmer une monographie, même en plusieurs volumes, ne posait aucun problème (nous étions tout de même obligés de ne pas dépasser un millier de pages par jour), autant nous ne pouvions microfilmer une collection entière. Je m’interdisais de miter une collection, d’autant plus que les bobines de microfilms ne sont pas rangées par cote de l’original mais par ordre d’arrivée (pour des raisons pratiques vues les masses de microfilms réalisés). Dans la plupart des cas, nous retrouvions une bibliothèque sur Paris possédant la série. Mais il m’est arrivé de refuser l’accès à un volume qui, objectivement, tombait en ruine (papier brûlé à un degré extrême) et qui n’était pas jugé prioritaire (périodique étranger notamment)

        Ceci dit, s’il s’agit d’une simple vérification (présence de pièces liminaires par exemple), le service sindbad de réponses à distance, peut résoudre votre problème.

        Pour finir, sachez que dans chaque département de Tolbiac il y a un service conservation qui est seul habilité à autoriser les consultations. Nul besoin d’essayer de corrompre la personne en salle, elle n’a pas la main sur l’application. En revanche, pour les cas urgents, nous avions un BIP avec une personne d’astreinte joignable en permanence qui pouvait répondre à une demande en trente minutes au lieu des 48 heures habituelles (24 heures dans mon département en réalité)

      • 8 MH 21 janvier 2010 à 00:57

        J’oubliais

        il y a deux types de hors d’usage à la BnF
        – ceux pour lesquels la réponse est dans le système. Dans ce cas là la demande ne passe pas
        – les réponses « hors d’usage » quand vous allez chercher le volume. Cela signifie que le magasinier a constaté que le volume était hors d’usage. Le livre est placé dans un bac présent dans chaque magasin. Les bacs sont régulièrement triés et les ouvrages traités (petites réparations, mise en pochette et éventuellement mise « hors d’usage » dans le système)

        l est donc inutile de redemander plusieurs fois le volume en espérant tomber sur un magasinier moins scrupuleux qu’un autre. Si vous arrivez à l’obtenir alors que vous avez eu un refus précédemment, c’est juste que le volume a été traité. Souvent, une simple pochette suffit à le remettre en circulation

  4. 9 Omorand 20 novembre 2009 à 23:32

    Eh bien, ma Médiathèque est dans le bon chemin ! Certes, nous ne prêtons pas de pile (en obtenir pour notre propre service demande parfois de la patience) ni de casque, et nous n’avons pas de règle au logo de la ville. Pire, le lecteur doit indiquer son nom et son adresse sur les bulletins de communication. Mais le reste se rapproche de l’idéal décrit ici.

    Quant aux lettres de recommandation, elle sont lues avec intérêt si elles sont présentées, mais elles ne sont jamais exigées. Nous ne lisons donc que celles que l’usager présente spontanément.

    Connaître le motif de la venue : désormais, une ligne « objet de la recherche » figure sur le formulaire de communication. Par aileurs, si l’on sent que la personne a envie de parler, on l’écoute avec attention. Mais certains souhaitent, à juste titre, rester discrets, et il ne s’agit pas de les forcer à se révéler.

    Maintenant c’est vrai que si quelqu’un souhaite consulter de nombreux documents le même jour, on apprécie d’en être averti quelques jours avant, une semaine si possible quand il y en a vraiment beaucoup. Car si les lecteurs peuvent témoigner de difficultés rencontrées ici ou là, des conservateurs (et leurs collègues) se souviennent aussi de lecteurs débarquant un beau jour pour demander 20, 30 volumes ou davantage, évidemment sur le champ car ils ne sont que de passage.

    Je me souviens aussi d’un lecteur, un habitué généralement très sage, mais qui est venu un jour vérifier des références dans des périodiques. A force de remplir fiche sur fiche, il mobilisait trois magasiniers, et comme je passais en magasin, mon aide n’a pas été de trop. Car certaines références étaient fausses (le numéro de la revue et la date ne correspondaient pas), d’autres portaient sur des lacunes de nos collections (il est vrai pas facile à repérer au catalogue). Bref, j’ai dû à regret lui rappeler que le règlement prévoyait 4 communications par personne et par heure. Le lecteur était bien gêné, car il ne soupçonnait pas ces difficultés qu’il n’avait pas spécialement cherché à nous infliger.

    Mais dans l’ensemble, tous, lecteurs et personnel, s’efforcent de se faciliter mutuellement la vie et dans 9 cas sur 10 tout va bien. Et cela fait bien plaisir de recevoir, quelques jours après une consultation, un mail remerciant le personnel pour son accueil.

    • 10 RM 26 novembre 2009 à 00:34

      Je te rajoute dans la liste des bibliothèques où je dois passer [j’aurais dû ajouter qu’il est NECESSAIRE que des croissants soient servis aux lecteurs à leur arrivée, un bon repas à midi et une bière le soir, ç’aurait pu marcher…]

  5. 11 Les Martiens 21 novembre 2009 à 14:34

    Des choses à rajouter ? La tasse de chocolat chaud Van Hout*en à portée de museau.
    (Je suis déjà sortie… pardon.)

  6. 12 DJB 23 novembre 2009 à 13:58

    Bonjour,

    Une question concrète que je me pose actuellement.

    Quels effets positifs et négatifs d’une fusion salle de consultation du patrimoine ancien / salle d’études ? On sait que les bibliothèques publiques de province associent souvent salle « patrimoine » et salle d’ « histoire locale » où des curieux, qui ne sont pas des chercheurs, viennent consulter tel ou tel document récent portant sur le territoire. Peut-on, dans le cas d’une bibliothèque moyenne, envisager d’élargir la salle « patrimoine » à d’autres usages, en l’occurrence à tous les usages requérant un silence prononcé. En réalité, il est assez simple de lister les effets négatifs (risque de saturation des places disponibles, réduction légères des conditions de sécurité…) et positifs (accueil de publics à la recherche d’un silence qu’ils ne trouveront plus dans les salles de lecture publique), mais où la balance penche-t-elle ? Réponse pressentie : cela dépend des salles, coco…
    Désolé, voilà un commentaire qui ne sert pas à grand chose.

    Un jour heureux et lointain, on disposera peut-être d’une base de données sur les équipements, les programmes qui les ont « déterminés », et les effets concrets observés, on aura peut-être des éléments de réponse.

    Amitiés,
    djb

    • 13 RM 26 novembre 2009 à 00:44

      Mmmmh, cela dépend des bibliothèques, coco, je suppose. Je sais qu’il y a des bibliothèques où la salle du patrimoine est en effet une des seules salles de travail, à l’écart du fonds jeunesse, et qu’il est donc pris d’assaut par des étudiants qui viennent travailler au calme sur leurs propres documents. A priori, ça ne pose problème que cela obère les missions premières (en gros si les gens qui viennent consulter le fonds anciens ne trouvent pas de place). Mais si suffisamment de places « patrimoine », situées les plus proches du président de salle, sont prévues, pourquoi pas en effet.
      Quelqu’un a-t-il des retours d’expérience ou des idées là-dessus ?

      Sans être une base de données facilement utilisable, il est peut-être possible/souhaitable que de telles expérience/réflexions soient publiées sur un site quelconque et surtout reportées sur Bibliopedia

      • 14 Jastrow 16 décembre 2009 à 18:03

        Je ne comprends pas tous les mots employés ici, mais la Mazarine accueille aussi bien des personnes venues faire une recherche que des lycéens venus réviser le bac au calme et il n’y a pas de salle spéciale pour consulter les livres de la réserve. Mon expérience commence à dater, mais j’en garde un très chaleureux souvenir.

  7. 15 claire_h 27 novembre 2009 à 11:18

    cher(-e ?) djb,
    c’est mon cas : étude et patrimoine fusionnées dans (un joyeux foutoir) une solennelle salle historique.
    Étude = étudiants par dizaines (nous avons près de 200 pl.) qui veulent un bout de table et une chaise pour stabiloter leurs cours de maths/médecine/que sais-je. Les communications patrimoniales sont donc censées être reportées dans la « petite salle »… non surveillée… donc hors de question pour ma part.
    D’ici janvier (où j’attends mon « cher confrère » RM de pied ferme🙂, croissant inclus si je suis prévenue à l’avance), j’ose espérer que nous aurons rapatrié les communications patrimoniales dans la salle surveillée, au plus près de la banque. Et attendant le moment bien improbable où nous pourrons organiser des permanences dans la « petite salle » qui se prêterait magnifiquement à un fonds local/patrimonial digne de ce nom (ah, salle Géricault de ma thèse, je te regrette !).

  8. 16 DJB 28 novembre 2009 à 17:31

    Merci beaucoup pour ce retour d’expérience ! 200 places assises, c’est considérable… (L’offre de croissants – que je pratique régulièrement – est-elle à la seule destination de RM, ou s’adresse-t-elle à la profession entière ?)
    David-Jo


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