Archives de juillet 2010

Bonnes vacances !

Les lecteurs ayant semble-t-il pour la plupart rejoint [biffer la mention inutile],

  • la plage
  • leur maison de campagne
  • un hôtel crasseux de Syrie ou de Patagonie
  • les archives de leur thèse

je vais faire de même et mettre ce blog en veille pour les vacances, comptant vous revenir en septembre, tout reposé, tout motivé, tout bronzé archivé… et tout marié 🙂

Deux choses avant de partir :

  • Si vous vous ennuyez pendant ces vacances, vous pouvez corriger les textes que la BnF a fourni à Wikisource dans la cadre du partenariat signé avec Wikimédia France : quoi de mieux que de vous rendre utile à tous les internautes tout en lisant pour le plaisir ? La liste de l’ensemble des textes se trouve ici.

Le dernier numéro de la BEC chez Amazon

Nous ne pouvons que saluer cet élégant rajeunissement de la maquette et du contenu.

[Signalé par Marie Rqt : merci à elle ; dieu sait combien de temps le lien restera valide avant correction de ce qui semble être une curieuse erreur d’Amazon]

[brève] La KB signe à son tour avec Google

Après les récentes annonces annonces des bibliothèques nationales italiennes et autrichienne, c’est la Koninklijke Bibliotheek (Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye) qui signe avec Google pour la numérisation d’une partie de son fonds patrimonial.

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

La Bibliothèque royale des Pays-Bas, à La Haye. Photo de Pieter Musterd sous licence CC-BY-NC-SA

Elle annonce avoir signé un accord pour 160 000 ouvrages du domaine public (XVIIIe et XIXe s.).
À terme, la KB désire donner accès à l’ensemble du patrimoine écrit néerlandais en plein texte. Cela constitue la suite logique de son catalogage scientifique au sein du projet STCN, bibliographie nationale rétrospective des Pays-Bas [sur lequel, j’ai fait mon mémoire de conservateur : consultez la version originale, achetez la version mise à jour (ou pas) :-)]

La KB dispose ainsi de ce qui constitue sans doute les meilleures métadonnées du monde pour les ouvrages du XVIIIe siècle. Reste donc à savoir dans quelle mesure ces dernières pourront être utilisées par Google Books.

Les termes du contrat n’étant pas connus, nous en sommes réduits à attendre, désirant comme d’habitude savoir précisément à quoi s’est engagée la KB… espérant qu’aucune exclusive n’ait été donnée à Google, surtout sur l’indexation. Le communiqué de presse indique que les scans seront disponibles sur les sites de la KB mais seulement dans un second temps sur Europeana : solution certes intéressante car on prouve par là qu’Europeana et Google ne s’opposent pas forcément, mais on aimerait connaître les raisons (et la longueur) de ce délai.

Il faudra donc suivre l’affaire de près et – un jour ou l’autre – comparer les différents contrats signés par Google.
Cela montre en tout cas combien l’arrivée de Bas Savenije a pu influer sur la politique et la gestion de la KB.

Les conservateurs et la recherche : la formation

Suite des comptes rendus des Estivales de l’enssib. Après le retour d’expérience sur la recherche en général, je reviens sur ce que j’ai tenté de faire passer lors de la seconde table ronde – à laquelle j’avais été cordialement convié – sur la question de la place de la recherche dans la formation.

Quelle place pour la recherche dans la formation ?

*La formation est très chargée et les enseignements souvent en concurrence. La question est donc difficile et doit être abordée avec prosaïsme. Cependant, je ne parlais pas en tant que membre du groupe de réflexion sur la rénovation du DCB mais comme intervenant extérieur => je me donne le droit de faire du wishful thinking ou dédaigner les impossibilités pratiques.

*Or, une des grandes ambiguïtés de l’enssib vient d’un fossé entre un discours soulignant l’importance de la recherche dans la formation intellectuelle et la fréquente impossibilité pratique de poursuivre ses recherches : c’était mon cas puisque mes archives se situaient à Paris, dans un dépôt fermé le week-end et où la photographie était interdite.

*Autre clarification : on peut partir du principe que les élèves ont déjà une expérience de recherche et c’est en effet très souvent le cas (au moins au niveau M2). Mais souvenons-nous que le concours est officiellement au niveau licence [sic], donc pré-recherche. Ambiguïté.

Quelles thématiques ?

Il y là, deux grandes possibilités :
1/sur des sujets possédant un rapport avec les bibliothèques ou la documentation car nous sommes tout de même à l’enssib
2/n’importe quel sujet car la recherche serait considérée comme une formation intellectuelle de haut niveau, bonne en soi.

Je ne suis pas contre la première solution, qui possède des avantages :
*le BBF publie en grand nombre soit des travaux de DCB soit des retours d’expérience de professionnels : les véritables travaux de recherche de la part de ces derniers sont plus rares qu’on pourrait le souhaiter. La culture de la recherche s’acquiert lors de la formation et il pourrait être bon de la donner au plus grand nombre afin d’augmenter la concurrence pour la publication et donc de hausser le niveau.
*le fait de publier (surtout dans le BBF) conserve son petit prestige au sein des équipes et peut être pris en compte dans leur gestion, surtout pour les jeunes professionnels.
*important pour les postes plus scientifiques (histoire du livre) : il est tout simplement impossible qu’un conservateur soit moins bon en histoire du livre (voire en histoire tout court s’il a la charge d’un fonds régional) que ses lecteurs : question de crédibilité
*pour des raisons d’équité entre conservateurs. Il existe de nombreux postes pour lesquels on exige un chartiste ; l’inclusion de la recherche dans la formation doit permettre qu’un conservateur non-chartiste mais volontaire et motivé puisse obtenir un poste d’un département spécialisé de la BnF. Rappelons que, même pour la direction d’une belle BM classée « le diplôme d’archiviste paléographe serait un plus ».

La seconde solution n’est pas inintéressante non plus :
*si un maire d’une grande ville trouve qu’un chartiste est plus à même de diriger sa bibliothèque qu’un autre, c’est que la recherche ne donne pas seulement des connaissances ou des compétences techniques mais constitue aussi tout simplement une excellente formation de l’esprit. Remarquons tout de même que la plupart des grands bibliothécaires, de Léopold Delisle à [remplir ici avec le nom d’une personne en poste], en passant par Julien Cain ou Ernest Coyecque faisaient de la recherche.
*il est de nombreuses bibliothèques où un conservateur qui comprend de quoi parlent les livres qu’il achète serait *très* utile. Oui, aux conservateurs docteurs en informatique, en mathématiques, en biologie !
*le métier est en grande mutation. La « bibliothécarisation » de la société fait que les compétences d’hier ne sont plus spécifiques. Il ne sert à rien de se former à celles d’aujourd’hui, déjà largement diffusées, mais il faut préparer celles de demain. Plus qu’une formation pratique ou technique, une formation intellectuelle est nécessaire. Le principe de la recherche est de nous confronter sans cesse à de l’inconnu, qu’il faut comprendre et analyser : quelle meilleure formation pour être prospectif et tenter de comprendre un monde en évolution rapide ?

Selon quelles formes ?

Là encore, deux possibilités, qui ont chacune leur intérêt :
1/la recherche en soi
2/l’encadrement et la maîtrise d’œuvre de la recherche

1/Recherche en soi :
*on revient sur les notions de valeur ajoutée d’un conservateur par rapport à un administratif (cf BM de Toulouse… et annonce de la BM de Troyes)
*on sait que certains conservateurs ne feront pas de recherche ensuite et qu’on ne leur en demandera jamais => important qu’ils puissent en faire au moins à une époque de leur vie et l’enssib, en tant qu’organisme de recherche, me semble le bon endroit
*dans les villes non-universitaires (j’ai l’exemple d’Albi en tête, où Matthieu Desachy effectue un excellent travail d’administrateur à la tête de la BM et de scientifique avec une exposition donnant lieu à un catalogue d’excellent niveau tous les deux ans), le conservateur passe encore pour l’érudit, à qui on peut demander des expertises. Ne pas être capable de répondre => mauvaise réputation de l’ensemble de la profession. C’est pourquoi la recherche doit être incluse dans la formation car ce n’est pas un choix individuel mais aussi une responsabilité vis à vis des collègues.

2/Maîtrise d’œuvre :
*Question de la mise à disposition des données culturelles publiques : on ne peut pas être contre la plus large mise à disposition des données, des fichiers numérisés etc. si l’on est chercheur. L’inadaptation des conservateurs à leur public vient de ce qu’ils ne se mettent pas à leur place
*Question de la capacité à monter un dossier européen. Ce que j’entends par recherche n’est pas forcément le caractère érudit de petits travaux personnels : il est au contraire beaucoup plus utile pour soi-même et l’institution de s’insérer dans des programmes nationaux voire internationaux et de susciter ces programmes => grande visibilité, relations avec l’extérieur. Cf Europeana Regia ; numérisation des Romans de la Rose, etc.

Les conservateurs et la recherche : quelques portraits

Je ne sais si c’est le cas de toutes les professions mais le conservateur des bibliothèques adore réfléchir et parler de lui-même. Et c’est particulièrement le cas en cette période de changements rapides : on ne sait plus guère en quoi consiste le métier ni quelles sont les missions centrales.

Aussi certaines questions reviennent-elles fréquemment sur le tapis, avec des avis très partagés. Parmi elles, celle du rapport du conservateur à la recherche, à laquelle deux tables rondes étaient consacrées lors des Estivales de l’enssib.

La première de ces tables rondes a tourné autour de quatre questions auxquelles les intervenants étaient libres de répondre :
*La question se pose-t-elle différemment selon le type de bibliothèque ?
*Les conservateurs sont-ils plutôt des médiateurs de la recherche ?
*Quelle type de recherche effectuent-ils ? Peut-on faire une distinction entre recherche fondamentale et recherche appliquée ?
*Les évolutions récentes du métier et son poids de contingences rapprochent-elles ou éloignent-elles de la recherche ?

Les personnes présentes étaient représentatives des comportements des conservateurs-chercheurs :

Delphine Quéreux-Sbaï, directrice de BM surchargée

La première intervenante, directrice de la BM de Reims, représente le type courant : « j’aimerais bien faire un peu de recherche mais les charges administratives sont trop lourdes pour me le permettre ».
Chartiste, elle se passionne pour sa thèse sur la tapisserie d’Aubusson au XXe siècle mais vit le passage à l’enssib comme une coupure intellectuelle.

Depuis qu’elle dirige un important service, son travail se limite à un « entretien des neurones » par quelques notices d’histoire locale (qui « donnent l’impression de ») et surtout une conférence tous les deux mois sur les fonds de la bibliothèque. Impossible de faire plus.

Cristina Ion et Alain Carou, chercheurs ignorés ?

Les deux intervenants suivants travaillent tous deux à la BnF et sont de brillants chercheurs. La première, titulaire d’un doctorat, est membre du comité de rédaction d’une revue savante, le second a publié un ouvrage important intitulé Le Cinéma français et les écrivains. Histoire d’une rencontre (1906-1914) (Paris, 2003).

Tous deux soulignent qu’ils ne font aucune recherche dans leurs activités professionnelles. Et qu’il est plutôt rare d’en faire, même à la BnF : seuls les chargés de collections des départements spécialisés sont en fait appelés à en faire. En revanche, tous deux soulignent la synergie entre leur recherche et leur travail de chef de service ou d’adjoint au chef de service : ils ont l’impression que leur expérience et leurs capacités de chercheur enrichissent considérablement leur travail et le recul qu’ils possèdent sur ce dernier.

Raphaële Bats, d’une recherche générique à une recherche de bibliothécaire

Raphaële Bats travaille en BU, à l’université Lyon 1. Philosophe de formation, elle avait commencé une thèse sur Démocrite. Mais un travail d’enssib lui fait découvrir Sébastien Gryphe et elle présente avec trois collègues une communication au colloque des 450 ans organisé par Raphaële Mouren. Et finalement, Gryphe a fini par prendre le pas sur la thèse, abandonnée : Raphaële continue la recherche, mais en histoire du livre et en dehors des cadres universitaires.

Elle souligne elle aussi la complémentarité des deux activités : l’une et l’autre s’enrichissant mutuellement.

Dominique Arot, jeune chercheur

Bien qu’il ait déjà une très belle carrière derrière lui, ce n’est que récemment que Dominique Arot a soutenu sa thèse, après avoir été inscrit 8 ans. Elle est dédiée à François Mauriac et la musique.

Pour D. Arot, le sujet est récurrent car il s’intègre pleinement dans le clivage qu’il présente comme purement français entre l’université et « ceux qui travaillent ». Il raconte ainsi comment une professeur de Paris IV a rechigné à le prendre en thèse en lui disant à lui, ancien secrétaire général du Conseil national des bibliothèques : « je ne vois pas le mot agrégation dans votre CV »…

Il souligne également l’intérêt de la recherche avec un argument qui me semble fondamental (et maintes fois répété ici-même) : c’est le meilleur moyen de réfléchir en usager et de comprendre les demandes de son public. Et de considérer les chercheurs comme des personnes à servir et non des empêcheurs de cataloguer en rond.

Bien sûr, concilier les deux n’a pas été facile – il parle de conflits d’écriture car rédiger une thèse est difficile quand on passe déjà sa journée à rédiger notes et comptes rendus – mais pour lui, la recherche est nécessaire à « une vie belle et intense » : « s’il faut écrire la nuit, ça en vaut tout à fait la peine ».

Discussions

Les questions ont principalement porté sur deux thèmes :
*le thème des recherches
*l’utilité de la recherche

Je me contente de placer ici quelques remarques qui m’ont semblé intéressantes :
*sont vraiment scientifiques et légitimes, les recherches portant sur les sciences auxiliaires du document. Dès lors, les activités de recherche étaient plus faciles pour les conservateurs d’archives que des bibliothèques. Cela change avec les nouvelles technologies, aux documents à étudier, labiles, non fixés. Cette question redonne sans doute un nouveau sens à la nécessité d’être personnel scientifique (Alain Carou).
*les entreprises de bibliométrie à l’université prenne rarement en compte les « publiants » non-enseignants-chercheurs : il faut s’imposer (Christophe Pavlidès)
*l’agréable du métier de conservateur est de pouvoir mener les recherches que l’on veut sans avoir de comptes à rendre. Sommes-nous bien sûr de vouloir être reconnus institutionnellement si c’est pour avoir les mêmes contraintes de publication que les professeurs du supérieur ? (Alain Carou)

De quoi les bibliothécaires sont-ils des professionnels ?

Professionnels… ou pas ?

Il y a quelques semaines, un bibliothécaire états-unien [mise à jour : canadien],  Ryan Deschamps, avait publié un billet sur son blog « The Other Librarian » : Ten Reasons Why ‘Professional Librarian’ is an Oxymoron. pour expliquer que les bibliothécaires ne sont spécialistes de rien du tout. Ce bien joli troll a mis en émoi les professionnels de la profession aux Etats-Unis [MàJ : en Amérique du Nord].

Or, on a appris dans le même temps que la nouvelle directrice de la bibliothèque municipale de Toulouse – l’une des plus belles de France, avec un fonds ancien de tout premier ordre – ne serait pas conservateur mais administrateur territorial. Non qu’aucun conservateur n’ait été intéressé par le poste : cinq ont postulé et j’ai la faiblesse de croire ceux qui m’ont dit que se trouvaient parmi eux d’excellents « professionnels ». Pourtant ce n’est pas eux qui ont été retenus. Le fait que la lauréate soit une ancienne collègue d’une personne possédant une influence dans la décision finale peut être regardé par certains comme éthiquement contestable mais l’on peut penser qu’une commune de la taille de Toulouse ne prend pas ses décisions à la légère. Surtout qu’elle devra payer cet administrateur alors qu’un conservateur d’Etat aurait été gratuitement mis à disposition.

J’ignore donc si cette dame fera une bonne directrice mais là n’est pas l’important. L’essentiel est que cela ne choque pas un maire, un adjoint à la Culture, un DGS, un DAC, etc. de nommer un administrateur comme directeur de la BM pour peu qu’il soit entouré de conservateurs spécialistes chacun de leur domaine.

Mais pourquoi s’en étonner ?

Des bibliothèques confiées à des non-bibliothécaires

*Rappelons que les statuts de l’École normale supérieure (art. 6 du décret 2000-681 modifiant le décret 87-695 du 26 août 1987) permettent que le directeur de la bibliothèque soit un professeur ou maître de conférence. Et, esprit d’école jouant, c’est presque toujours le cas car il y a peu de normaliens parmi les conservateurs de bibliothèques (leur taux remonte néanmoins avec la difficulté croissante à trouver un poste d’enseignant-chercheur dans le supérieur, même quand on est normalien).

*Rappelons que les bibliothécaires territoriaux (cadres de la fonction publique, de catégorie A) n’ont aucune formation après avoir obtenu leur concours alors qu’ils dirigent souvent des bibliothèques de taille moyenne.

*En bibliothèques départementales de prêt, des administratifs ont depuis plusieurs années déjà pris des places de directeurs. Je ne sache pas que des évaluations aient souligné l’effondrement des services dirigés par ces personnes. Mais j’aimerais beaucoup disposer d’une étude sur les similitudes et différences dans la gestion entre un conservateur et un administrateur. Si les associations professionnelles veulent protester, il faut qu’elles puissent le faire de manière constructive et argumentée : s’étrangler de fureur ne sert de rien si cela passe pour un réflexe corporatif. Il faudrait donc expliquer pourquoi c’est Mal, chiffres et études à l’appui. Et, ça, nous en sommes incapables.

*Tournons-nous vers l’étranger, également. Là, il est normal que des directeurs de bibliothèques soient des scientifiques, spécialistes de la matière sur laquelle porte la bibliothèque, qui se forment rapidement aux enjeux et problématiques propres à la documentation. Je ne pense pas que cela fonctionne moins bien. Quand mon ami Vincent Giroud est rentré en France après avoir été conservateur des livres et manuscrits modernes de la Beinecke, à Yale, ç’a été pour devenir professeur de littérature anglaise à l’université et non conservateur. Est-ce pourtant à dire que le système d’information de Yale est piteux et que cette petite université emploie des branques ?

Conclusion

Ma conclusion n’est pas univoque : je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose d’avoir des administratifs comme directeurs. À vrai dire, l’exemple des musées montre que cela peut être excellent OU détestable selon la politique menée.

Il y a en revanche une chose que je sais, c’est que ce type de bouleversement dans le fonctionnement est un signe et qu’il ne faut jamais les négliger.

On peut souligner que les bibliothèques se sont développées de manière extraordinaire ces 50 dernières années et que la professionnalisation des équipes y a joué un grand rôle. Mais nous ne sommes plus en 1960. Le contexte a changé, le public et les possibilités de se documenter aussi.

Il n’est pas possible de répondre que les bibliothèques sont formidables et qu’elles s’adaptent remarquablement à ceux qui pensent le contraire et ont du pouvoir sur elles.

*On ne peut plus répondre : « oui mais j’ai fait de la bibliothéconomie, ça me permet de répondre à toutes les questions » à un enseignant-chercheur qui écrit : « Le personnel censé aider aux recherches documentaires n’est strictement d’aucun secours, vu qu’il se contente de rentrer les mots-clef qu’on lui fournit dans l’interface sus-dite »

*On ne peut plus répéter : « je sais super bien faire une recherche et c’est là mon métier » quand des études scientifiques démontrent que le service de référence virtuel de Wikipédia est aussi bon voire meilleur que ceux des bibliothèques.

*On ne peut pas continuer à répéter qu’il faut avant tout former les conservateurs au management. Car si on veut des vrais managers, on va les chercher chez les administrateurs. Voire dans le privé.

*On ne peut pas à la fois baver de jalousie devant la bibliothèque de Delft (dont le directeur vient du monde des médias et n’avait aucune expérience en bibliothèque) et refuser de tenter l’expérience en France.

Alors, quelle est la valeur ajoutée d’un bibliothécaire ou d’un conservateur en bibliothèque ?

Dans les fonds anciens, je le sais. Mais parce que le conservateur de fonds ancien est un vrai spécialiste de son sujet, qui ne se contente pas d’être bibliothécaire.

Pour les autres types de bibliothèques (BU, BM), je sais un peu mais je ne suis pas sûr. Et j’aimerais que les autres me l’apprennent avec des arguments convaincants… ou se taisent à jamais.

Buzz
Sur le même sujet, à lire
Pourquoi un administrateur à la direction d’une bibliothèque est une bonne chose », dans Bibliothèques 2.0 ; par « un conservateur territorial de bibliothèques »
Bienvenue à Toulouse » dans /home/nicomo par Nicolas Morin
Chronique d’un échec annoncé… » dans Le Nombril de Belle-Beille par Olivier Tacheau
Biblio-surveillance » dans Kotkot par Michel Fauchié


juillet 2010
L M M J V S D
« Juin   Sep »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031