Apologie pour l’usage de l’empreinte. 1.La page de titre ment

Toute personne ayant un tant soit peu fréquenté les livres anciens sait que la page de titre se compte parmi les rares concurrents de l’arracheur de dents pour le titre d’archi-menteur de nos contrées.

Tantôt le même texte est proposé sous des titres différents selon les éditions, tantôt il est fait mention d’un privilège qui n’existe pas, les éditions pirate portent souvent le nom de l’imprimeur libraire originel (et par toujours la mention « jouxte la copie »). Surtout, il est absolument impensable de croire les mentions du quantième de l’édition. Ne parlons même pas des différentes émissions d’une même édition ou des éditions partagées rarement signalées comme telles.

N’oublions pas que la page de titre est imprimée par un marchand qui ne cherchait pas à fournir des métadonnées fiables à de futurs bibliographes mais uniquement à vendre sa production. Et de la même manière que les gens d’aujourd’hui veulent la version 4 de l’Iphone même si la 3e est meilleure, ils désiraient au XVIIe siècle la « nouvelle édition ». Qu’à cela ne tienne, il suffit alors d’imprimer une page de titre signalant « nouvelle édition » et de la relier avec le précédent tirage, éventuellement en changeant la date.

Il serait déjà fou de penser que page de titre identique signifie succession identique des mêmes cahiers et page de titre différente succession différente. Mais plus fou encore de penser que les imprimeurs libraires proclament une vérité pleine et claire sur leurs pages de titre.

Dès lors, il est impensable de cataloguer un livre en se fondant uniquement sur la page de titre : il faut trouver des éléments qui décrivent de manière fine l’ensemble de l’unité bibliographique. La collation en est un, l’empreinte en est un autre. Les deux sont indispensables.

2 Responses to “Apologie pour l’usage de l’empreinte. 1.La page de titre ment”


  1. 1 Jastrow 7 septembre 2010 à 13:32

    Je m’y colle pour la question neuneue : qu’est-ce qu’une empreinte ? Désolée de ruiner ce qui est peut-être un gigantesque cliffhanger.

    • 2 RM 7 septembre 2010 à 13:40

      C’est une suite de caractère relevés de manière standardisée (il existe plusieurs types d’empreintes selon ce que l’on relève) qui établissent une relation de 1 à 1 avec une édition (une « émission » pour être plus précis).

      Cela permet de savoir très rapidement quand on consulte un livre ancien si l’exemplaire appartient à la même édition qu’un autre ou pas. Et cela est rendu nécessaire par l’habitude des imprimeurs de l’Ancien Régime de recopier ligne à ligne les ouvrages pour faire une réédition.

      Mais je vais en effet m’expliquer dans les billets qui suivent : je vais alterner les billets sur l’empreinte avec des billets sur d’autres sujets et il y aura 4 ou 5 billets dans la série, je pense.

      Ta question n’est donc pas neuneue du tout : si je parle de l’empreinte ici, c’est que la juge à la fois nécessaire et étonnamment peu connue/employée en France. Elle spoile juste un tout petit peu le suspense de la série 😉


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