Apologie pour l’usage de l’empreinte. 3. Comment la relève-t-on ?

Il y a actuellement deux grands systèmes d’empreinte concurrents (nous laissons de côté le « bibliographical profile », peu utilisé).

Le premier est sans doute le plus diffusé. Il ne nous semble pas le meilleur.

Il trouve son origine dans un projet de catalogue collectif anglais : en 1968, la British, la Bodléienne et Cambridge décident de se réunir pour publier un catalogue commun des livres publiés avant 1801. Un rapport est publié en 1974 : Computers and early books : report of the LOC Project investigating means of compiling a machine-readable union catalogue of pre-1801 books in Oxford, Cambridge and the British Museum (ce dernier n’est disponible qu’en quatre exemplaires en France – deux à la BnF, un à la BSG et un à l’enssib).

Parallèlement, en France, l’Institut de recherche sur l’histoire des textes (IRHT), célèbre unité de recherche du CNRS, approfondit la méthode. On appelle donc habituellement ce système « empreinte LOC » (pour London, Oxford, Cambridge) ou « empreinte IRHT ».

Après le congrès de l’IFLA de 1977, un groupe de travail officieux décide d’arriver à un système unique, partagé par tous et d’en publier la méthode. On y trouve des conservateurs de la National Library of Scotland (NLS), de la British Library, de la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, etc. et bien sûr des chercheurs de l’IRHT. Un des seuls articles du Bulletin des bibliothèques de France à propos de l’empreinte date de 1980 et est l’œuvre de trois membres de l’équipe de la section humanisme de l’IRHT.

Ceci aboutit en 1984 à la publication d’un manuel trilingue anglais/français/italien : Fingerprints, manual / Empreintes, guide du releveur / Impronte, regole per il rilevamento.

Le principe général est simple : l’empreinte est « composée de 16 signes typographiques relevés en 4 emplacements déterminés à l’avance en éliminant toute interprétation subjective. […]

L’empreinte comprend les deux derniers caractères des deux dernières lignes :
1° du premier recto après la page de titre,
2″ du quatrième recto après celui-ci,
3° du premier folio – ou page ou colonne – portant la numérotation 13 (ou 17 s’il n’y a pas de folio – ou page ou colonne – correctement chiffré 13). S’il n’y a aucune numérotation, on prend le quatrième recto après celui du 2°,
4° les deux premiers caractères des deux dernières lignes du verso de la page prise en 3°.

Cet ensemble de 16 signes est complété par un 17e signe qui indique où a été relevé le 3e groupe de 4 caractères (folio chiffré 13 ou 17, ou compté) et par la date telle qu’elle figure sur le volume. »

On obtient ainsi une suite de signes telle que celle-ci : S.ir s;es r-us daLy (3) 1749 (R) – (3) signifie que le 3e groupe a été relevé sur la page 13 et (R) que la date 1749 était écrite en chiffres romains sur la page de titre.

Le système est intéressant : il y a extrêmement peu de chance pour qu’une autre édition se trouve avec la même empreinte. C’est pourquoi des grandes bibliographies nationales ont décidé de l’utiliser : c’est le cas des bibliographies italienne (edit16) et allemande (VD16 et VD 17).

Il a cependant plusieurs défauts :
*le plus souvent cité est sans doute celui de la copie ligne à ligne : l’empreinte sera alors identique pour deux éditions différentes. Ce défaut est partiellement pallié par l’ajout de l’année de publication – mais il n’est pas rare que la réédition ait lieu la même année que l’édition originale : l’empreinte est alors prise en défaut ;
*l’empreinte se prend sur des cahiers peu nombreux et proches les uns des autres : mieux vaut plus disperser le relevé dans le livre afin de réduire les risques. D’autant que ces cahiers sont parmi les premiers, c’est à dire souvent constitués de pièces liminaires, plus soumises au changement que d’autres parties du livre ;
*les lieux de relevé 1 et 3 sont fixes : un problème se pose quand manque la page de titre et la page 13 (ou 17)
*les lieux de relevé 2 et 4 sont liés aux 1 et 3, ce qui augmente encore le risque d’aléa ;
*cette empreinte est assez longue et complexe à relever.

Il est bien évidemment mieux de relever cette empreinte que d’uniquement se fier à la collation ou pire – horresco referens – à la pagination ou au titre. Mais ce système me semble donc très inférieur au second, dont nous parlerons prochainement.

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