L’humour chez les imprimeurs-libraires du Grand Siècle

Dans une édition de 1682 de l’Echelle sainte de Jean Climaque, prétendument publiée par Pierre Le Petit (je dis « prétendument » car je doute fort que cela sorte de ses presses sachant qu’il ne s’agit pas de son matériel typographique et que la médiocre qualité d’impression ne lui correspond pas), on trouve le bois (anonyme) suivant :

In hoc cygno vinces

In hoc cygno vinces

Un cygne, une croix et la devise IN HOC CYGNO VINCES.

Eh oui, même les imprimeurs-libraires jansénistes sont capables de commettre des calembours de bas-étage.

On devait bien rigoler à Port-Royal.

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Cette entrée a été publiée le 9 novembre 2010 à 22:12 et est classée dans Histoire du livre et des bibliothèques, Interlude. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

6 réflexions sur “L’humour chez les imprimeurs-libraires du Grand Siècle

  1. Le , JMB a dit:

    Je t’imagine tout à fait éclater de rire brusquement au grand étonnement du reste de la salle de lecture…

  2. Le , Pierre Malié a dit:

    Bonjour,

    C’est un jeu de mots en effet, mais était-ce – dans l’esprit de l’imprimeur – un calembour de bas étage ? Pas si sûr…

  3. > JMB : Je l’ai dieux merci trouvé dans un livre que j’ai acheté… mais je dois dire qu’il est parfois bien difficile – en archives particulièrement – de se retenir de tirer son voisin par la manche pour lui dire : « eh, eh, vous avez vu ce que j’ai trouvé : c’est choueeeeeette, hein ? » 🙂

    > Pierre Malié : Vous avez bien sûr raison : ce n’est pas un simple jeu de mot.
    Dans ce que j’ai vu, cette confusion volontaire signum/cygnus existe d’ailleurs déjà au XVIe siècle. La symbolique du cygne (oiseau entièrement blanc et d’un port noble) est liée à des notions de pureté, de vérité, de lumière : il n’est pas étonnant que cela soit réutilisé dans un contexte religieux. Parler de Fénelon comme le « Cygne de Cambrai » relève de la même idée.
    Mais, même s’il y a tout un tas de bonnes raisons à faire ce calembour et une symbolique compliquée et sérieuse par derrière, ça reste un calembour pourri, non ? 😉

    [remarque au passage : c’est aussi une source intéressante pour la prononciation du matin à l’époque. Je ne suis pas exemple pas sûr que des Italiens prononçassent alors « cygno » comme « signo »]

  4. Le , hlc a dit:

    Bonjour,
    Au risque de passer pour le rabat-joie de ces messieurs de Port-Royal, je voudrais signaler que ce bois est une marque typographique, celle de Guillaume Merlin, libraire actif à Paris de 1538 à 1574 ; une autre de ses marques portait « signo » (Silvestre 268 et 801).
    Conclusion provisoire par Prévert interposé :
    Vit de cygne
    Signe de vie

    • Mille mercis : très intéressant de savoir cela !

      Je suppose qu’on ignore qui était en possession de ce bois à la fin du XVIIe siècle (ce qui permettrait de lever la fausse adresse) ?

      Bien cordialement,

      • Le , hlc a dit:

        Je ne passe pas souvent, et de toute manière je n’ai pas la réponse à votre question, mais quel dommage de voir la maison abandonnée ! J’espère que ce n’est que passager.
        Bien sincèrement,

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