Archives de avril 2011

L’estampe pour chacun

Cela fait un certain temps que je voulais écrire un billet sur les initiatives destinées à ouvrir le patrimoine imprimé aux enfants car des choses très intéressantes se font, par exemple à Troyes ou Toulouse.

Mais j’ai pu dans l’entretemps expérimenter par moi-même et je dois avouer que le résultat est à la hauteur des espérances. Peut-être ne le savez-vous pas mais le département des estampes classe ses fonds dans des séries. Il existe des œuvres qui n’ont jamais été intégrées (par manque de temps ; car il s’agit de doubles, etc.) à ces séries et qui forment les « suppléments non reliés » (SNR) et la « matière ».

J’ai donc pu obtenir l’autorisation d’utiliser ces estampes pour nouer un partenariat avec des écoles de Seine-Saint-Denis. Il ne sert vraiment à rien de conserver des doubles d’images déjà conservées par ailleurs, surtout dans les séries thématiques où les œuvres sont souvent de mauvaise qualité artistique. L’idée était bien sûr de sensibiliser les enfants à la gravure ancienne mais cela allait bien au-delà grâce à la transversalité d’un projet combinant plusieurs approches et faisant appel à la fois à la prof d’histoire et à celui d’arts plastiques.

Les estampes (en double) ont donc été le support de créations (feutre et peinture à l’eau essentiellement, pour que la technique ne vienne pas contraindre la créativité) qui montrent toute l’actualité de l’estampe ancienne. Voici par exemple l’œuvre de Théo à partir de Chauveau

Banal Chauveau

Banal Chauveau

Chauveau par Théo

Chauveau par Théo

Je suis surtout très heureux que mon estimée collègue de la Réserve du département ait accepté de jouer le jeu. Il n’y avait aucune raison que les chefs d’œuvres de l’histoire de l’art soient réservés à quelques retraités du centre de Paris alors que les enfants du 9-3 seraient confinés à des maîtres du second rang : nous ne devons pas faire la même erreur que les musées, récemment soulignée par la Cour des comptes.

Plusieurs estampes de Callot et Rembrandt (pour le XVIIe s.) ont ainsi eu la chance de connaître une seconde vie (nous avons aussi utilisé 2 incunables, quelques estampes italiennes du XVIe, des estampes japonaises du XIXe, 1 Matisse et 2 Picasso).

Rembrandt en bête Noir&Blanc

Rembrandt en bête Noir&Blanc

Rembrandt revivifié par Lucas

Rembrandt revivifié par Lucas

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Je suis surtout très content que la belle-soeur du cousin du professeur d’arts plastiques connaisse une secrétaire d’Art Press, ce qui nous a permis d’obtenir un article sur une entreprise qui leur a semblé très intéressante (à paraître), et en tout cas à mille lieux de l’idée que l’on se fait de ces vieux papiers en noir et blanc représentant de vieilles perruques : l’auteur de l’article y voit

Une fraîcheur qui interroge nos pratiques en ce qu’elle diffuse un méta-discours sur l’art considéré à la fois en tant que recréation permanente et comme interface des cultures savantes et populaires.

Elle a même parlé d’une éventuelle exposition à la Maison Rouge.


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